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:: ~ Le Bushidou ~ ::

 
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Shii
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MessagePosté le: Dim 25 Mai - 16:24 (2014)    Sujet du message: ~ Le Bushidou ~ Répondre en citant


LE BUSHIDOU, CODE DU GUERRIER

 


 




 
LE SAMOURAI----------------------------------------------------------
 
Qu'est ce qu'un samouraï ? On range généralement dans le terme
de "samouraï" deux grandes familles de guerriers : les Bushis,  des
hommes de guerre en armure  dont le rôle était, au moyen  de com-
bats incessants, d'agrandir le territoire et la puissance de leur clan ;
les Samouraïs, des hommes d'armes issus de la noblesse, dont le rô-
le était, cette fois, de servir leurs seigneurs dans la gestion de sa puis-
sance. Ces guerriers,  des militaires  avant tout, ont eu pour particu-
larité d'associer  à l'art de la  guerre des valeurs  de sagesse, d'intelli-
gence et de spiritualité. Ils alliaient donc  à leur art de la guerre une
culture générale composée de littérature, de peinture et de religion,
qu'ils prenaient soin d'entretenir.                                                                     
Bien que les termes "Bushi" et "Samourai" aient longtemps été consi-
dérés comme synonyme, il existe aujourd'hui, et ce depuis l'ère Edo
(1600-1878) une nuance entre les deux. Littéralement, "Bushi" signi-
fie guerrier. Le mot "samourai", lui, vient du verbe "subaru" qui veut
dire "servir".                                                                                                              
 
En 1185 commence l'ère de Kamakura, du nom de la ville dans laquel-
le s'est installé, à la même date,  un seigneur, Minamoto no Yoritomo,
qui, après avoir pris le  pouvoir à l'empereur,  a  instauré au Japon un
système  de  gouvernement  féodal.  C'est ainsi  que les samouraï,  aux
ordres des différents seigneurs, ont commencé leur règne, qui durera
presque 700 ans. En effet, bien que le shogunat de Kamakura prendra
fin en 1333, la période féodale, elle, appelée Seii Taishougun, traverse-
ra les ères Muromachi  (1333-1573),  Momoyama (1573-1600) et Edo
(1600-1878).                                                                                                             
Pour plus d'information sur la fin de l'ère Edo et sur l'ouverture du Ja-
pon au monde, voir la revue de presse.                                                              
 
 


 
LE CODE DU BUSHIDOU------------------------------------------------
 

Bushidou signifie littéralement voie du guerrier. C'est le code d'éthi-
que poursuivi  par ces guerriers. La raison de l'existence d'un tel code
est avant tout  de donner  au samouraï des  règles pour conserver son
honneur et sa dignité, même sur le champ de bataille. Cette idéologie
est basée sur plusieurs valeurs :                                                                         
- la Sagesse, ou rectitude. Ce trait allie à la fois la droiture de l'esprit
et la droiture du corps. Un esprit droit est un esprit intelligent, culti-
vé, et un corps préservé, entretenu, droit. Ainsi, les arts martiaux ont
pour but, depuis toujours, de créer des Hommes et citoyens modèles.
- Le courage. Le courage est enseigné au guerrier dès son plus jeune
âge, pour l'y baigner. Le guerrier doit faire preuve de sang froid, ne pas
céder à la peur, encore moins à la peur de la mort.                                         
- La loyauté. Le guerrier sert son seigneur et ne peut renoncer à cette
tâche. Il ira jusqu'au bout de sa vie pour remplir sa mission. On parle
souvent de fidélité absolue : un dévouement complet.                                 
- La bienveillance. La bienveillance, trait considéré comme un trait fé-
minin, a pour but  de contrebalancer les autres vertus du guerrier, qui
sont davantage masculines et sévères. Il s'agit d'une vertu de l'âme, que
l'on peut allier à la sagesse, ou à la politesse.                                                       
- L'honneur.  L'honneur  est la somme  de  toutes  les vertus qui  font le
guerrier, du début à la fin de sa vie. A l'opposé de l'honneur, il y a la hon-
te, qui peut être  provoquée  par un manquement à  un des codes ou par
la désobéissance à un supérieur.                                                                              
 
Tout cela n'a qu'un seul but, la finalité de la vie. En effet, le bushidou,
c'est aussi, pour ces guerriers confrontés à la mort à tout instant dans
leurs combats, un art de la mort, une volonté d'aller vers elle dans les
règles de l'art. Ainsi est défini le courage au Japon : vivre quand il est
juste de vivre, mourir quand il est juste de mourir.                                     
La mort n'est pas aimée, ou voulue. Elle est au contraire détestée, à tel
point que l'on lui refuse toute faiblesse. il faut la regarder sans peur, al-
ler vers elle avec courage, pour  ne rien lui donner de soi-même.  Dans
les codes anciens  des guerriers, on retient une devise  :  "Le devoir est
lourd comme une  montagne, mais la mort du soldat est légère comme
une plume".                                                                                                                  
Pour affronter la mort, les guerriers prenaient également soin de leur
apparence, pour lui apparaitre dignement. On dit qu'ils avaient l'habi-
tude de se maquiller et de se parfumer avant de partir au combat.      
 
Enfin, peut-on parler de la mort dans l'esprit du Bushidou sans évoquer
la cérémonie du Seppuku (communément, et par erreur appelé Harakiki) ?
Cette cérémonie de la mort volontaire avait pour but pour les guerriers
déshonorés, de retrouver son honneur en se donnant soi-même la mort.
Seppuku, traduit littéralement par "coupure au ventre", était réalisé selon
un rituel particulier. Le guerrier, assis à genoux, dans un temple, prenait
l'un de ses deux sabres, le plus court, pour trancher son abdomen, ce qui
libérait l'âme. Quel déshonneur menait à cela ? L'échec dans la tâche, ou
encore le refus d'une tâche jugée immorale par le guerrier, et de ce fait
refusée (or, on ne désobéit pas à son seigneur). Cette pratique était réser-
vée aux hommes, mais les femmes pouvaient également avoir recours à
un tel acte de punition de soi, en se tranchant la gorge à l'aide d'un poignard.
 
Il est intéressant ici de citer un passage du livre de Yamamoto Tsume-
tomo, A l'ombre des feuilles, la Voie du Samurai :                                        
 
"La voie du Samurai réside dans la mort. Quand on en vient au "ou bien"/soit",
il n'y a que le choix immédiat de la mort.Ce n'est pas particulièrement diffi-
cile. Sois déterminé par avance. Dire que mourir sans avoir atteint son but est
une mort de chien est une manière frivole de personne sophistiquée. Quand on
est confronté au choix de la vie ou de la mort, il n'est pas nécessaire d'at-
teindre son but. Mourir sans avoir atteint son but est une mort de chien et de
fanatique. Mais il n'y a aucune honte là dedans. C'est la substance même de la
Voie du Samurai. Quelqu'un qui arrive à endurcir son coeur chaque matin et
chaque soir, quelqu'un qui est capable de vivre comme si son corps était déjà
mort suivra la Voie sans douleur. Sa vie toute entière sera sans reproche,
et il réussira dans ce qu'on attend de lui."



 
 

LE BUSHIDOU ET LA GUERRE---------------------------------------
 
 
Nous devinons donc l'impact de cette idéologie sur l'esprit guerrier
qui a animé les japonais durant la  seconde guerre mondiale.  Les japo-
nais, oui, car les soldats n'étaient pas les seuls engagés dans ce dévoue-
ment à la patrie, les civils l'étaient aussi. On note aussi que cette idéolo-
gie a influencé le rapport des japonais aux autres soldats, et particuliè-
rement à leurs prisonniers. Revenons sur cela.                                              
 
Les soldats étaient dévoués entièrement à leur emprereur et aux ordres
de leur général, le général Tojo. C'est d'ailleurs ce dernier, qui, après l'at-
taque de Pearl Harbor, a annoncé l'état de guerre au peuple, par le biais
de haut parleurs, en appelant au dévouement patriotique total. Les japo-
nais n'hésitaient pas à aller vers l'ennemi et vers la mort pour leur patrie
durant cette guerre,  ce qui explique en  partie le bilan  pour les troupes
des deux camps. L'abandon est le pire des déshonneur, il est impossible
d'avoir recours à une pratique si sale pour une âme. Une fois faits prison-
niers, ils se donnaient la mort à l'aide d'une grenade (ce qui effraya beau-
coup les américains).                                                                                                        
 
Cette incompréhension est la cause d'une cruauté envers les prisonniers
américains qu'ils pouvaient faire que l'on peut encore aujourd'hui leur re-
procher. Aux Philippines, lors de la guerre du pacifique, les japonais ont
fait 30  000 prisonniers  américains  et  autant  de  prisonniers philippins. 
Ils étaient envoyés dans des camps, après une longue marche de la mort :
10 jours et 10 nuits sans manger, accompagnés de coups. Ceux qui ne te-
naient pas étaient tout simplement décapités d'un coup de sabre.              
 
L’esprit du suicide pendant la guerre est fondé sur ce principe. D’une part,
 les kamikazes, d’une autre part, les civiles. En mai 1945, à Okinawa, les ka-
mikazes, appelés formations d’attaque spéciales  foncent sur la flotte amé-
ricaine. Ils se refusent  à accepter l’idée de la capitulation, et les militaires
sacrifient ce qu’il reste de la jeunesse et de l’aviation pour empêcher le dé-
barquement. Avant chaque  attaque,  ils boivent un verre de saké en l’hon-
neur de l’empereur. A Saipan, quand  les marines débarquent sur cette île
de 9km  de  large  commencent  une  des  batailles les plus sanglantes de la
guerre. 20m américains et 30m japonais  sont  tués ou blessés. Le général
japonais de l’île avait dit à ses soldats : « il n’y a plus  qu’une seule issue, la
mort. Nous allons montrer au diable américain ce qu’est notre courage. ».
300 civiles japonais se suicident du haut des falaises.                                        
 
 
C'est la bombe atomique qui mettra fin à des mois de résistance des japo-
nais, à Tokyo comme à Okinawa.




LE BUSHIDOU AUJOURD'HUI----------------------------------------
  
Aujourd'hui  encore,  le  bushidou forge les esprits japonais au quotidien.
On peut le retrouver à plusieurs niveaux, tout autant dans l'admiration por-
tée par les nippons pour cette manière de penser et pour ces principes que
dans les arts martiaux tels qu'ils sont enseignés et pratiqués aujourd'hui, et
au quotidien, dans le monde du travail et dans les études. Les films traitant
des combats de guerriers traditionnels font légion, et représentent pour le
cinéma japonais ce qu'est le Western pour Hollywood.                                       
D'autre part, une place importante est dédiée à la reproduction des armes,
armures et pratiques des guerriers, avec des études profondes réalisées en
amont.                                                                                                                                         
 
Les sports de combats traditionnels, tels que le Kendo, le Judo, le Karaté, le
sumo, l'Aïkido ou encore le Kyuudou, enseignent encore un art de vivre et
un art de sagesse à part entière. Ces sports représentent aujourd'hui pour les
japonais un repli vers les valeurs du peuple, sur la réflexion, et sur soi-même.
 
Le Bushidou aujourd'hui est omniprésent dans l'esprit des japonais. Cepen-
dant, le dévouement total n'est plus dédié au seigneur, mais à l'entreprise.
Ce n'est plus pour l'empereur que les japonais s'exercent en musique le ma-
tin, mais bel et bien pour leur groupe. On parle tout de même du pays où il
est bien vu de s'endormir sur son lieu de travail, car c'est un signe de surme-
nage pour le bien de l'entreprise. Le travail, pour certains japonais, serait
devenu la vie, qu'il faut décider de quitter lorsqu'on a fait une erreur. On le
constate pour les postes à haute responsabilité, ou pour les hommes politi-
ques : une erreur ou une suspicion d'erreur est parfois la cause d'une demis-
sion (le seppuku du XXIème siècle ?). Bien sûr, cela a lieu pour les employés
du bas de la hiérarchie, mais cela se voit moins, car moins médiatisé. Ce n'est
pas le cas en France, par exemple.                                                                                       
On  peut constater cet  esprit dans  les études  également,  auxquelles  les  jeu-
nes  japonais  se dévouent entièrement. Le raisonnement doit cependant être
davantage poussé ici.  La réussite scolaire,  c'est  la possibilité  de  poursuivre
ses études dans une école prestigieuse, ce qui est synonyme de poste confor-
table. Ceci peut être considéré  comme une interprétation  personnelle, mais
on peut voir se dessiner l'ombre du guerrier japonais qui se batait pour obte-
nir le titre de noblesse...                                                                                                           
Le suicide aujourd'hui, est encore un phénomène important au Japon. Bien
que la tradition du bushidou ne soit pas l'entière responsable ici (selon moi
du moins), ce n'est pas un facteur à écarter...                                                               

Vers le changement ?  Ces  dernières années,  on peut constater  un certain
refus des jeunes de se soumettre corps et âme à leurs études ou bien à leur
travail, comme l'ont fait leurs parents auparavant.                                                 
Aucune conclusion  hâtive cependant,  il faudra,  selon moi, plus de temps
pour qu'un esprit,  vieux  de près de mille ans,  disparaisse de cette société
japonaise, qui  en  a fait, rappelons nous, son identité.                                           



                                                                                               


          

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MessagePosté le: Dim 25 Mai - 16:24 (2014)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Mar 27 Mai - 13:01 (2014)    Sujet du message: ~ Le Bushidou ~ Répondre en citant

Joli article Shii-chan
Je connaissais un peu le code du guerrier grâce à des animes sur les samouraïs (samurai champloo ou hakuouki qui est sur l'histoire du shinsengumi). C'est aussi une philosophie de vie où il faut en comprendre le sens pour devenir un guerrier digne de ce nom. 
Mais bon tu m'as appris pas mal de chose aussi .

Merci de nous faire ces articles :)
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MessagePosté le: Mar 27 Mai - 14:29 (2014)    Sujet du message: ~ Le Bushidou ~ Répondre en citant

C'est une idée que l'on ne peut pas rater si on veut comprendre le peuple japonais selon moi ! On la voit en effet dans les oeuvres traitant de combats, d'honneur et d'esprit guerrier, mais finalement, en réfléchissant un peu, on réalise qu'elle est tout simplement partout. Je conseille le livre Stupeur et tremblements d'Amélie Nothomb qui traite de la vie au travail dans une entreprise japonaise : on y retrouve cet esprit combatif, ce n'est plus un bureau, mais un front sur un champ de travail ! Et c'est surtout un esprit qui habite les japonais au travail, et que les étrangers comme l'auteur ont du mal à comprendre (et encore, l'auteur est née au Japon, elle s'y connait !). Ouvrage très intéressant.

En plus ! Je n'ai pas tout traité : il reste l'origine du bushidou et son lien avec la philosophie zen et donc avec le bouddhisme (importé de Chine, ce qui soulève une question : les chinois ont-ils une telle pensée ?). Puis peut être une analyse plus poussée du bushidou tel qu'il est présenté dans les films et dans les arts de nos jours, ou vu par les spécialistes (j'ai regardé un documentaire avant cet article, dans lequel on entendait un historien dire que l'esprit du bushidou était toujours vivant, justement).
 Par ailleurs, l'esprit combatif des japonais durant la seconde guerre mondiale aurait mérité à être développé davantage : On a tendance à se rappeler de cette guerre comme une guerre d'anéantissement de l'autre (le génocide, le blitz, la blitzkrieg, la bombe atomique...) alors qu'elle a surtout été une guerre d'anéantissement de soi-même, d'instrumentalisation du soldat (qui n'en est même plus un, finalement ?) et de déshumanisation généralisée au final... Cela est valable pour le Japon mais aussi pour les autres pays. Mais c'est une autre histoire n'est-ce pas !

Ça me fait plaisir de découvrir et d'apprendre en faisant ces articles, mais c'est encore mieux de faire découvrir aux autres !
J'ai la folie appreneuse ! 8D
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 06:21 (2016)    Sujet du message: ~ Le Bushidou ~

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