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:: ~ La liberté de la presse au Japon ~ ::

 
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Shii
Kami Otaku
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MessagePosté le: Sam 3 Mai - 18:34 (2014)    Sujet du message: ~ La liberté de la presse au Japon ~ Répondre en citant

LA LIBERTÉ DE LA PRESSE AU JAPON



Grande puissance économique, démocratie vérifiée et pays développé,
le Japon n'obtient pas un 20/20 dans tous les domaines, et pour preuve,
la liberté de la presse n'est pas encore acquise dans ce pays aujourd'hui...
Et cette situation semble même s'aggraver.
En ce 3 mai 2014, 21ème anniversaire de la création de la journée
internationale pour la liberté de la presse, retour sur l'état du pays.

  




LA CENSURE, UNE PRATIQUE COURANTE PENDANT PLUS DE 300 ANS

2002, après plus de dix années de crise, le Japon voit son économie s'améliorer, grâce
au dynamisme de son voisin Chinois.
La même année, il est l'hôte, avec la Corée du Sud, de la coupe du monde de
football, et notamment de la finale, à Yokohama, qui verra le Brésil remporter la coupe.
2002, enfin, le Japon est classé 22ème sur le premier classement mondial de la liberté
de la presse publié par Reporters sans frontières (lien).
Ce classement, dont le but est de refléter "le degré de liberté dont bénéficient les journalistes
et les médias de chaque pays et les moyens mis en œuvre par les Etats pour
respecter et faire respecter cette liberté", selon RSF, estime en effet le positionnement
du Japon à 7.5 sur une échelle de liberté où 0 équivaut à un presse totalement libre, et où
100 représente une répression et une censure extrême.

Un résultat plutôt positif donc, surtout lorsque l'on jette un coup d’œil à la
tradition de censure de ce pays. En effet, dès l'époque Edo (1603-1867), les shoguns
de la dynastie Tokugawa contrôlaient les flux d'information, en interdisant toute
forme de critiques, mais aussi en fermant les portes du pays aux idées occidentales,
et en bannissant la pornographie. Par la suite, jusqu'au début de l'occupation américaine
en 1945 (qui marqua la fin de l'ère Showa), la censure s'est organisée, au moyen de
bureaux, et de lois directement liées au pouvoir de la presse, ou d'autres visant à
renforcer le pouvoir de la police. Pourquoi l'occupation américaine, alors que celle-ci
n'acceptait pas la moindre critique à l'égard de la mère patrie ? Tout simplement car
la constitution du japon, justement entrée en vigueur il y a 67 ans, le 3 mai 1947,
déclarait interdites la censure et le contrôle de la presse (article 21 pour les curieux).
Il s'agit donc bel et bien d'une avancée.
A savoir : la constitution de 1947 est toujours en vigueur au jour d'aujourd'hui.

Pour l'anecdote, en 1970, Jean-Claude COURDY publie une étude, contenant un
chapitre dédié à l'empire du soleil levant, "La presse au Japon", dans lequel on
apprend que le Japon était alors, en termes de nombre de titres, le premier
au monde, et le troisième en termes de tirages. En effet, il existait alors 500
titres différents... pour seulement cinquante millions d'habitants.

  



LES KISHA CLUBS, OU LE DÉBUT DU DÉCLIN

Retournons en 2002, avec un œil légèrement plus critique.
7.5, un bon score pour un pays à tradition de censure, il est vrai.
Mais 7.5, ce n'est pas 0, ce qui signifie donc que le Japon n'a pas une
presse totalement libérée, et ce qui éveille en nous tous (ne le cachons
point messieurs dames) une curiosité maladive.... Pourquoi ? Nous y venons.

La critique faite à l'archipel en 2002 est justement une critique contre
des restes de cette fâcheuse tradition, qui sont bien sûr, les [g]Kisha Clubs[/g].
Qu'est ce qu'un Kisha Club ? Littéralement, on peut le traduire par "club de
reporters" (Kisha signifiant reporter), ou bien "club de presse". Ces clubs sont
en fait des salles réservées aux journalistes, dans les lieux importants (palais impérial,
ministères, parlement, parti politiques, grandes entreprises...), dont les places
sont limitées, et payantes, si bien que les portes de l'information finissent par
être fermées pour les journalistes n'appartenant pas aux grands organes de
l'information au Japon (les journalistes étrangers, les journalistes de petites
ou de nouvelles agences, les journalistes en freelance...).
On peut donc parler de monopole de l'information, et donc; logiquement,
de non liberté totale de celle-ci.

Les attaques contre ce système ont été nombreuses, qu'elles proviennent
d'associations, de journalistes, ou de RSF, qui réclamait en 2002 justement
la fin de ces "menaces sérieuses à la diffusion libre d'informations", dans un
article que l'on trouve ici.
On trouve d'ailleurs dans ce même article d'autres offenses à la liberté de la
presse, telle que la loi de protection de la vie privée de mai 2002, ou même
une gifle du premier ministre adressée à un journaliste qui posait une question.

Tous ces facteurs, ajoutés à des partis nationalistes hostiles à la liberté de la presse
feront perdre au Japon des places dans le classement de RSF. Ci-dessous, l'évolution
de m'indice de la liberté de la presse entre 2002 et 2010.


  



2011, 2013, DES ANNÉES LIBERTICIDES


On observe sur cette courbe un Japon exemplaire en termes de libertés
de la presse, avec un Indice record, de 2.5, ce qui le propulse à la 12ème
place du classement. Pourtant, non sans surprise, en 2013, le japon chute à la
53ème place (après avoir reculé de 10 rangs en 2011), et pire encore,
en 2014, il est classé 59ème. Retour sur deux phénomènes
équivalents à un tremblement de terre, en l'espace de 3 ans.

2011 : LA HONTE FUKUSHIMA
Mars 2011, tout le monde le sait, est l'année d'une catastrophe pour les Japonais, un
séisme de magnitude 9,0, soit presque 2 points de plus que le séisme de Kobe en 1995,
pourtant considéré comme une catastrophe sans égal jusqu'alors. C'est cependant le
tsunami qui a suivi le séisme qui a fait le plus de mal (étant responsable de 90% des
décès, disparitions, blessures et destructions), notamment en touchant la centrale de
Fukushima, et en plaçant dès lors le pays en état d'alerte nucléaire.
S'il y a quelque chose à comprendre à propos de l'accident de Fukushima, c'est la
honte ressentie par le peuple entier, et particulièrement par l'Etat, à la suite de celui-ci.
En effet, bien que la cause principale de l'accident ait été la catastrophe naturelle, l’État
a, suite à l'accident, regretté le positionnement de la centrale, sachant qu'il était conscient
du danger encouru. C'est en partie pour cette raison qu'il a tenu à garder caché les évène-
ments près de la centrale, en fermant les portes aux journalistes du monde entier.
L'autre cause sont les moyens mis en œuvre pour remédier à la catastrophe, qui sont
extrêmement dangereux pour les travailleurs appelés pour l'occasion (je renvoie
à ma revue de presse).
C'est ce manque de transparence qui est reproché en premier lieu au Japon en 2011,
2012, 2013, et encore aujourd'hui. D'autant plus qu'il était particulièrement virulent
à l'égard des journalistes freelance. Article de RSF ici.

2013 : LA LOI SUR LES SECRETS D’ÉTAT
Novembre 2013, suite à un conflit diplomatique entre la Chine et le Japon en raison
d'une vidéo ayant fait le tour du monde, la Diète vote une loi (la loi sur les secrets
d’Etat), autorisant les administrations à protéger leurs informations concernant
de nombreux domaines, jugés "sensibles" : la défense, le contre-espionnage,
la lutte anti-terroristes et la diplomatie. La loi est acceptée par le Sénat, en décembre,
malgré les manifestations des japonais et les critiques des associations. Je renvoie cette
fois à mon propre article dans la revue de presse, et à l'article de RSF ici.

  



YU TERASAWA, UN "HÉROS DE L'INFORMATION" SELON RSF

Pour cette 21ème journée mondiale de la liberté de la presse, RSF a proposé
100 visages et biographies de 100 personnages clefs de la lutte pour la
liberté de la presse dans le monde, parmi lesquels un japonais, Yu Terasawa,
dont la biographie m'a inspiré cette fiche.






 
 

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MessagePosté le: Sam 3 Mai - 18:34 (2014)    Sujet du message: Publicité

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